Les différentes communautés

Pour atteindre le resguardo de Bahia Solano, il faut d’abord aller au Valle, un village relié à la ville de Bahia Solano par une piste moitié en terre moitié en asphalte. La quinzaine de kilomètres qui sépare les deux sites se réalise en véhicule motorisé (tuk tuk ou voiture) en 40 à 50 minutes selon l’état de la piste. Une fois au Valle, il faut aller jusqu’à la rivière : les communautés se trouvent à 6 heures de pirogue en amont, 2 heures avec une pirogue motorisée. La saison la plus propice pour naviguer et où il pleut le moins s’étend de décembre à février.

Il y a l’électricité et l’eau est celle de la rivière.

On ne peut pas pêcher de poissons et les Embera échangent bananes et pirogues contre du poisson et du riz des communautés afros. Ils ont quelques poules, cultivent aussi le yuca (le manioc) et la banane plantain. D’autres aliments sont achetés en épicerie avec des emballages en plastique qui ne peuvent être brûlés et qui se retrouvent éparpillés aux abords des habitations.

L’électricité ne pouvant être utilisée que pour conserver les aliments, il est nécessaire de couper du bois pour cuire la nourriture.

Le resguardo de Bahia Solano a adhéré à l’association OREWA. Les Embera qui ont réussi à faire des études doivent servir la communauté, par exemple à travers cette association.

Le resguardo se compose de 3 « villages » :

  • El Brazo, le plus important, compte environ 400 habitants. Il dispose d’un poste de santé et d’une école où viennent tous les enfants du resguardo. Un seul professeur venant de l’extérieur se partage 5 niveaux scolaires différents pour une cinquantaine d’enfants réunis dans le même espace servant à tout, exposé à l’humidité et aux intempéries. Les enfants plus âgés vont de temps en temps à l’école de Valle (mais les difficultés matérielles du transport et des frais de logement et nourriture sont dissuasives).
  • Posamanzo compte environ 200 habitants et dispose d’un poste de santé (sans personnel et sans matériel ; il en va de même au Brazo et à Boroboro). Le cabildo est issu de Posamanzo. Comme au Brazo, il y a plusieurs enfants handicapés pour des raisons inconnues car aucun diagnostic n’a pu être fait, les médecins de la médecine occidentale ne se rendant pas dans les communautés et les médecins traditionnels ne connaissant pas ces maladies qui leur sont étrangères.
  • Boroboro compte environ 190 habitants. Il y a également un poste de santé. Les « touristes » ne peuvent s’y rendre. Il y aurait stationnés à Boroboro des soldats de l’armée colombienne dans le cadre de la lutte contre la guerrilla : quelques centaines de guerrilleros seraient encore dans les environs, refusant de rendre les armes. Une centrale électrique y a été installée par le gouvernement sans aucune contrepartie pour les Embera. Ils doivent s’acquitter d’une redevance pour avoir de l’électricité et leurs moyens ne leur permettent pas de disposer de suffisamment d’électricité.

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