Lexique

Cette rubrique a pour but de donner les explications nécessaires à la compréhension des termes en italique utilisés dans les différentes rubriques de ce site.

Cabildo Jaibana Resguardo Yuca
Cabildo mayor Ombligada Tambo
Jai Promotor de salud Yerbatero

Cabildo :

Le cacique (le chef) n’existe plus depuis la fin des guerres entre indigènes et Espagnols.

L’organisation OREWA a développé des solutions pour gérer les communautés regroupées dans les resguardos et leurs conflits en développant le rôle des cabildos et des gobernadores.

S’il représente une entité, le cabildo est l’équivalent de notre « conseil municipal ».

S’il représente un homme, c’est celui qui dirige, c’est le président du conseil municipal; cela serait l’équivalent de notre « maire ».

Ses fonctions essentielles consistent à faire le lien entre les différents villages (dans notre cas, faire la liaison entre El Brazo, Pozamanso et Boroboro), mais aussi entre le resguardo et l’État, entre le resguardo et l’extérieur. Il se concentre sur le fonctionnement de l’école et de l’épicerie locale, s’il y en a.

Il s’occupe de la communauté, il réunit les habitants dans le tambo qui fait office de « salle du conseil », par exemple pour décider de l’utilisation de l’aide financière attribuée par le gouvernement et reversée par la mairie; pour prendre des décisions en commun au sujet de la répartition des tâches agricoles; c’est lui qui donne son accord sur la circulation des étrangers et des marchandises qu’ils apportent avec eux.

Il n’a pas autorité sur les questions de justice ou de police.

En parallèle, il y a le gobernador (le « gouverneur ») qui fait fonction d’officier de justice et qui a sous ses ordres « la police municipale ».

Cabildo mayor :

C’est la même chose qu’un cabildo mais au niveau supérieur c’est-à-dire non plus au niveau de la municipalité mais de la « communauté de communes ». Ce serait donc l’équivalent de notre « président de communauté » pour donner un équivalent français.

Il fait le lien entre les communautés et les orientations prises par les Organisations qui représentent les Indigènes et il assiste à leurs assemblées.

Jai:

C’est un mot qui appartient à la langue embera et qui signifie de façon générale « esprit ». Il se trouve présent en toutes choses.

Jaibana:

Dans son ouvrage La Maîtrise du multiple (1990), l’anthropologue Anne-Marie Losonczy donne cette définition, page 80, du jaibana :

En effet, jaïbana conjoint deux éléments : jaï « apparence », « malaise », et aussi « esprit » susceptible de causer ou de guérir un mal, et bbanà, morphème qui connote la possession et qui, ajouté à un substantif, signifie dans certaines aires dialectales « pléthore de », « abondance de », « ensemble de », « réunion de ». Le jaïbana est donc une personne possédant une multiplicité d’apparences et d’esprit et exerçant un contrôle sur les malaises et maladies qui y sont associés. En d’autres termes, jaïbana désigne un humain qui en les rassemblant en lui, est devenu un piège à esprits, causes et agents de malaise et de maladie chez l’homme ordinaire. La preuve de sa maîtrise acquise sur les entités surnaturelles est qu’il n’en est pas victime lui-même et qu’il peut guérir les autres. Mais son nom dit aussi l’ambivalence fondamentale de son être : à la fois humain et multiplicité d’esprits immobilisés, il est censé posséder le pouvoir malfaisant de ces derniers; il n’est pas un malade mais il peut rendre autrui malade s’il lance ses jaï à l’assaut du corps et de l’âme de ses ennemis.

Références bibliographiques : Losonczy Anne-Marie. La Maîtrise du multiple. Corps et espace dans le chamanisme embera du Choco (Colombie). In: L’Homme, 1990, tome 30 n°114. pp. 75-100.

DOI : 10.3406/hom.1990.369241

www.persee.fr/doc/hom_0439-4216_1990_num_30_114_369241

Cela pourrait être l’équivalent du « druide » dans la culture celte.

Ombligada:

Ombligada est un mot espagnol qui vient de ombligo, « le nombril ».

C’est un rituel embera actuellement toujours pratiqué, qui a lieu le jour de la pleine lune juste après la naissance d’un enfant.

Il consiste à lui enduire sur le corps, du coeur au poignet et sur la nuque, une pommade dont le reste lui est donné à manger.

C’est en général une femme qui se charge de cette onction.

Cette pommade est préparée à partir d’une partie d’un animal (os en poudre, tendon, ongle, griffe, etc.) mélangée à de l’achiote (du roucou) et de l’aguardiente (de l’eau-de-vie).

En enduisant le nouveau-né de cette pommade, on lui insuffle les caractéristiques de l’animal choisi. À la chasse, à la pêche et en navigation, il aura les qualités et la force de cet animal.

L’animal ayant servi à préparer la pommade du rituel ne pourra plus jamais être mangé par la personne ayant été « ombligada » avec.

Source : http://www.banrepcultural.org/sites/default/files/lablaa/antropologia/senderos/send18.pdf

Promotor de salud:

Au mot à mot, c’est le « promoteur de santé ».

C’est une personne choisie par la communauté. Elle travaille dans le poste de santé de la communauté.

Elle doit être capable de donner des informations médicales sur un thème, de sensibiliser les gens et de les aider, de modifier leurs comportements en vue d’améliorer leur santé.

Sans formation, le promoteur n’a donc pas les compétences pour mener à bien cette tâche.

S’il n’est pas embera, le promoteur de santé a peu de chance d’être écouté.

Il a aussi pour fonction de transmettre aux autorités municipales toutes les informations relatives aux naissances et décès du resguardo, aux maladies et aux flux migratoires.

Source : https://fr.scribd.com/doc/94682808/Funciones-de-Un-Promotor-de-Salud-en-Una-Comunidad

Le « promoteur de santé » est un métier qui existe aussi au Canada, comme en atteste ce site Carrières en santé.

Resguardo:

Le Ministère de l’Intérieur colombien en donne sur son site la définition légale dans un article du 10 avril 2013 :

Los resguardos indígenas son propiedad colectiva de las comunidades indígenas a favor de las cuales se constituyen y conforme a los artículos 63 y 329 de la Constitución Política, tienen el carácter de inalienables, imprescriptibles e inembargables. Los resguardos indígenas son una institución legal y sociopolítica de carácter especial, conformada por una o más comunidades indígenas, que con un título de propiedad colectiva que goza de las garantías de la propiedad privada, poseen su territorio y se rigen para el manejo de éste y su vida interna por una organización autónoma amparada por el fuero indígena y su sistema normativo propio. (Artículo 21, decreto 2164 de 1995).

Traduction :

Les « réserves » indigènes sont la propriété collective des communautés indigènes à la faveur desquelles elles sont constituées et conformément aux articles 63 et 329 de la Constitution Politique, elles ont la caractéristique d’être inaliénables, imprescriptibles et insaisissables. Les « réserves » indigènes sont une institution légale et socio-politique de caractère spécifique, composée d’une ou de plusieurs communautés indigènes, qui grâce à un titre de propriété collective jouissent des garanties de la propriété privée, possèdent leur territoire et sont régies en ce qui concerne leur gestion et leur vie interne, par une organisation autonome, sous l’égide des lois indigènes et de leur système normatif propre.

Tambo:

Le mot tambo vient du mot de la langue quechua « tampu » (auberge, entrepôt, laiterie).

À l’époque des Incas, les « tambos » étaient disséminés sur les longues routes à parcourir et servaient d’étape pour les messagers, de lieu pour se reposer et se sustenter.

En Colombie, le tambo est la maison dans laquelle vivent les Embera.

Le tambo traditionnel est une habitation construite sur pilotis à deux mètres du sol, ronde, en bois, avec un toit conique pointu recouvert de paille. Il n’y a pas de mur pour permettre une meilleure ventilation. Un espace est réservé à la préparation et cuisson des aliments et un autre pour dormir. Un escalier permet d’y accéder.

Toute une famille élargie y habite, c’est-à-dire non pas un couple avec ses enfants mais un couple avec ses enfants, les parents des deux membres du couple, les oncles et tantes avec leurs enfants, plusieurs dizaines de personnes.

Pour voir la construction d’un tambo traditionnel dans le Choco:

Désormais, on trouve aussi des tambos moins traditionnels, plus bas ou directement sur le sol, parfois avec un sol en dur, des murs ou des parties fermées, construit avec des planches et avec des toits en tôle ondulée, de forme rectangulaire, avec des toit en paille à deux versants.

Yerbatero:

Le mot hierbatero ou yerbatero vient du mot espagnol hierba ou yerba (« herbe »).

C’est donc le médecin qui soigne avec les plantes.

Il connaît les plantes et leurs vertus curatives. Il sait faire des « potions ». Il sait quelles préparations élaborer pour soigner des plaies, des infections, des morsures. Il peut aussi soigner des os brisés.

C’est l’équivalent de notre « guérisseur » et de notre « rebouteux » mais sans les connotations péjoratives. Ce serait donc un « phytothérapeute ».

Yuca:

Il s’agit du mot utilisé en Colombie pour désigner le « manioc ». Rien à voir, donc, avec le « yucca », plante d’ornementation de nos salons !

Le manioc est une plante annuelle dont les racines se consomment. C’est un des aliments de base de la cuisine des indigènes embera.

Cela se mange bouilli, souvent cuisiné dans une soupe; sa forme allongée, sa couleur blanchâtre ou jaunâtre et sa consistance le fait ressembler à quelque chose entre le navet et la pomme de terre. Comme le navet, il est parfois dur ou filandreux et donc moins agréable à manger.

Dans un article consacré au manioc, Wikipedia nous informe que mal cuit, en friture, il peut produire des cas d’intoxication en raison de présence d’acide cyanhydrique. La consommation de feuilles mal bouillies peut aussi être mortelle toujours à cause de traces de cyanure. Tremper le manioc dans de l’eau pendant cinq jours avant de le manger permettrait de réduire les taux de cyanure.

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