Quelques chiffres-clefs

Le Choco est le seul département de la Colombie avec des côtes sur deux océans : la mer des Caraïbes au nord et l’Océan Pacifique à l’ouest.

C’est aussi le seul département avec une frontière avec le Panama.

Étant la région la plus humide au monde (en moyenne environ 10 m de précipitation par an, 90% d’humidité et 27° de température), la forêt tropicale a pu largement s’y développer : c’est une des régions au monde avec la plus grande biodiversité, les baleines viennent y mettre au monde leurs petits, les tortues aussi, 650 espèces d’oiseaux peuplent la côte pacifique, plusieurs espèces endémiques y habitent. Bref, le Choco est un département avec une nature exceptionnelle !

Le Choco est aussi le département colombien avec la plus grande richesse ethnique puisque la population se compose de plus de 82% d’afro-colombiens et plus de 12% d’indigènes (Embera et Waunaan). Ainsi, les rythmes africains côtoient les musiques latino et les croyances spirituelles indigènes les croyances catholiques, un melting-pot où chacun essaie de préserver sa propre culture.

Si la forêt fait du Choco un département magnifique, elle l’isole aussi du reste du pays, rendant difficiles les communications : l’absence de routes et d’infrastructures et la très faible présence des institutions engendrent des difficultés.

Voici quelques chiffres (qui peuvent varier d’une source à l’autre mais donnent néanmoins un éclairage sur la situation) qui ne sont pas là pour dénigrer une région mais au contraire pour faire prendre conscience de l’importance qu’il y a à agir pour sauvegarder ce patrimoine naturel et humain hors du commun qui existe au Choco.

Densité à Bogota : 6061 hab / km2, au Choco : 10 hab / km2, à Bahia Solano : 5 hab / km2
Population sous le seuil de pauvreté : Bogota : 10%, Choco : 66%
Mortalité infantile en Colombie : 15 %o, au Choco : 42%o
Analphabétisme en Colombie : 9%, au Choco : 24%
Population embera en Colombie : > 50 000, au Choco : ± 32 000, dans le resguardo du Valle : ± 800 c’est à dire ± 8% de la population de Bahia Solano et 0,15% de la population du Choco.

Les Embera représentent peu de personnes et sont sacrifiés au profit du plus grand nombre.

D’après des chiffres avancés par OREWA reprenant un rapport de l’UNICEF, en 2008 :
– 94,3% de la population embera souffraient d’insécurité alimentaire grave
– avec chez les 0 à 5 ans : 73,3% de malnutrition chronique & 42,4% de malnutrition chronique sévère.

Quand les Embera sont affiliés à un organisme de santé, cela ne leur sert pas vraiment puisqu’il n’y a pas de personnel de santé pour venir les voir et s’occuper d’eux ni de transport rapide pour se rendre dans un hôpital ou un poste de santé équipé :
– chez les enfants de 1 à 2 ans : 2,5% avaient tous leurs vaccins & 39,9% n’en avaient aucun,
– chez les enfants < 5 ans : 22,8% souffraient d’insuffisance respiratoire aigüe et 57,9% de diarrhées aigües.

En ce qui concerne la scolarisation que les Embera ne considère pas (dans la mesure où les programmes scolaires prennent en compte leurs particularités) comme une acculturation mais comme un moyen de faire valoir leurs droits et par conséquent de défendre leur patrimoine culturel, les enfants reçoivent un enseignement quand il y a une école primaire avec un maître.
Le choc culturel est souvent terrible pour les enfants qui vont en ville pour aller au collège.
Scolarisation des filles : 10% finissent le primaire, 10% entrent au collège. La grande majorité des plus de 16 ans ne va pas à l’école et commence sa vie de famille.

Auto-suffisance alimentaire, santé, scolarisation sont donc les besoins essentiels actuels des populations isolées et minoritaires.

AdeREV a choisi d’apporter son aide aux 800 Embera du resguardo du Valle.

Aller en haut de page